Chronique satirique : La forêt roulante de Ladji Bourama
- Solomane NANAKASSE
- mai 13, 2014
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S’il y a une chose avec laquelle Ladji Bourama ne badine pas du tout, c’est bien le confort des hauts serviteurs de l’Etat, dont lui-même. Et qui dit confort, dit véhicules de luxe et palais, n’est-ce pas ?
Ladji Bourama est un homme charitable. C’est bien connu. N’a-t-il pas repêché au gouvernement une armée de transhumants politiques, les arrachant ainsi à la faim et à la soif ? N’a-t-il pas porté à la primature le jeune Moussa Mara, qui n’est ni tisserand, ni amateur de boubous tissés, alors que les tisserands du RPM détiennent la majorité au parlement ? Il n’y a que ces « hasidi » du Parena pour douter du sens du partage de Ladji Bourama. La cause de leur agitation se voit comme le nez au milieu de la figure: ils n’ont gagné aucun strapontin ministériel. D’ailleurs, après leur communiqué-là, ils n’en auront plus jamais un seul, parole de pèlerin !
Charité bien ordonnée commençant par soi-même, il est normal que Ladji Bourama débute les faveurs par sa propre et très islamique personne.
Voilà pourquoi il a acheté un avion. Les ignares, qui ne savent pas mettre le mot qu’il faut à la place qu’il faut, parlent d’avion touristique; mais il s’agit plutôt d’un avion de commandement (nuance!).Un Boeing 737 aussi imposant que le fameux Air Force One de Barack Obama. Il n’y manque que le bouton nucléaire mais ça, en bon musulman, Ladji Bourama n’en a nul besoin.
Pourquoi un avion et pourquoi maintenant ?
La réponse va de soi. D’abord, il ne convient pas qu’un digne descendant de l’empereur Soundjata continue de faire de l’« aéro-stop » ; ensuite, l’honneur du Mali interdit que le premier des Maliens joue les mendiants d’avions. Les mauvaises langues insinuent que Ladji, par ces temps de galère, aurait dû se contenter de l’antique coucou légué par le « Vieux Commando ». Ce que ces gens-là oublient, c’est que ce diable d’appareil abrite, selon toute vraissemblance, des fétiches maléfiques.
Souvenez-vous que les quatre principaux utilisateurs du maudit avion ont passé, l’un après l’autre, de sales quarts d’heure : le premier, le « Vieux Commando », a fui son palais à dos d’homme; le second, Dioncounda Traoré, a subi, malgré sa pacifique écharpe blanche, une copieuse bastonnade; le troisième, l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra, a dû, le couteau sous la gorge, abandonner ses « pleins pouvoirs » à l’aube; quant au quatrième, Django Cissoko, il espérait, après la primature, poursuivre son festin à la Médiature mais s’est retrouvé en retraite anticipée, n’ayant plus que ses yeux pour pleurer. Demander à Ladji Bourama d’emprunter un engin au passé si noir, c’est vraiment lui demander de boire, comme Socrate, la cigüe !
Un avion ne venant jamais seul, Ladji Bourama s’apprête aussi à acquérir un hélicoptère.
Pas pour chasser l’autruche à Kidal (le militant écologiste Iyad Ag Ghali pourrait s’y opposer) mais pour relier son château privé de Sébénicoro à son palais public de Koulouba. Croyez-le si vous le voulez, mais l’hélicoptère procède lui aussi de l’immense miséricorde de Ladji Bourama. Lui dans les airs, plus besoin de couper la circulation routière et d’infliger journellement un calvaire aux usagers. On parle de 600 millions de FCFA pour l’hélicoptère. Et alors ? Ce n’est là que des haricots par rapport au Boeing !
Bon ! Les « hasidi » vont encore une fois jaser mais il faut une escorte motorisée à Ladji Bourama !
Un grand chef de sa dimension ne va tout de même pas se promener seul dans les rues après avoir jeté au trou puis dispersé aux quatre vents des personnages aussi charmants que Sanogo et compagnie ! Pour que les motos d’escorte ne tombent pas en panne, ce qui ternirait gravement l’honneur du Mali, elles doivent être neuves comme des poussins. C’est pourquoi Ladji Bourama vient de payer, rubis sur l’ongle, 50 motos à 20 millions de FCFA l’unité. Ne sursautez pas, hé ! Cela ne fait que 1 milliard de FCFA au total.
Pas de quoi effrayer un trésor public aussi plein que le nôtre. Dautant qu’on nous a promis à Bruxelles une pluie de 2100 milliards de FCFA que notre excellente ministre des Finances ne tardera pas à encaisser, malgré les ragots colportés sur son compte par l’ancien Oumar Tatam Ly. Quelqu’un qui casse du sucre sur le dos des bonnes dames mérite-t-il autre chose que d’être mis à la porte ?
Je vous le redis : l’hôte de Koulouba est la charité même.
Il n’oublie surtout pas les griots et les masseurs de pieds, lesquels, par les temps qui courent, ne cessent de donner de la voix chaque fois qu’un « hasidi » parle de Tomi ou des marchés publics bidonnés. Bien sûr, l’ORTM, traditionnel griot de tous les pouvoirs, vient de recevoir un lot d’une dizaine de véhicules 4X4 climatisés. L’histoire ne dit pas si, dans la cabine de chaque véhicule, se trouvent une guitare, une flûte et un paquet de cirage pour les bottes présidentielles.
Ladji Bourama à Koulouba, les 47 préfets du Mali et leurs 47 adjoints caressent le ferme espoir de renouveler à bref délai leurs véhicules de fonction.
Pas des charrettes de Markala, mais de grosses Land Cruiser japonaises à 53 millions de FCFA l’unité. Le préfet étant hiérarchiquement inférieur au gouverneur, l’honneur du Mali n’admettrait pas de placer le premier à dos de chameau et son chef à dos d’âne.
Raison pour laquelle chacun des 8 gouverneurs de région pourrait bientôt obtenir une Land Cruiser V8 à 79 millions de FCFA l’unité. Bien entendu, quand on aura acheté du neuf, il n’y aura aucune raison de ne pas reformer la vieille quincaillerie motorisée et, comme d’habitude, de la céder à prix d’ami à qui de droit. Les contrôleurs d’Etat vont, par la suite, pondre des rapports mais chacun sait dans quels placards ils finissents, les rapports de contrôle !
Question à mille dollars azawadiens: qui va supporter les frais d’entretien et de carburants de cette forêt de véhicules dont beaucoup avalent allègrement 27 litres de gazole aux 100 kilomètres?
La question n’a pas lieu d’être posée puisque, par définition, l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens haut placés n’ont pas de prix.
Les cauris ne précisent pas de date précise mais le jour où nos troupes reprendront Kidal, nous pourrons compter sur les dépôts de carburants jihadistes découverts par les soldats français et tchadiens dans les montagnes du Tigherghar. A moins que quelque opposant galeux et teigneux n’ait puisé dans lesdits dépôts !
Vous conviendrez volontiers qu’un président élu avec une avance si confortable ne peut dormir à la belle étoile.
Il lui faut une résidence et des bureaux décents. Si personne ne sait, à ce jour, ce que coûte la rénovation de la résidence présidentielle de Sébénicoro, on a, en revanche, une idée des fonds qui seront investis dans la rénovation du palais de Koulouba: 10 petits milliards de nos francs.
Un puissant pays comme le nôtre n’est pas à cette misère près, inch Allah ! Ce n’est pas parce qu’on traverse aujourd’hui la galère que notre sort est définitivement scellé. Notre ancêtre, Kankou Moussa, ne se surnommait-il pas « roi de l’or » ? A la faveur de son fastueux pèlerinage et de ses royales libéralités, n’a-t-il pas fait chuter le cours mondial de l’or pendant 10 ans ? Avec de la chance, une seconde rénovation pourrait, dans 10 ans, permettre d’agrandir le palais de Koulouba et d’y annexer la ville de Kati.
Rien de plus facile car Kati n’héberge plus de junte et ne fait plus peur à Bamako. Et puis, à l’intention des « hasidi » qui crient à la gabégie, il y a lieu de rappeler qu’à la fin de son mandat, Ladji Bourama n’emportera pas le palais dans sa bouilloire!
Tiékorobanihttp://www.malijet.com/a_la_une_du_mali/100909-chronique-satirique-la-foret-roulante-de-ladji-bourama.html
Où apprendre le code en ligne ?
- Doumma Maiga
- août 27, 2014
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Moocs, sites, serious game, logiciels… Apprendre le code en ligne est un jeu d'enfant. Ou presque. Pour ce quatrième volet bis de notre série d'été, passage en revue des cours et autres solutions qui fleurissent sur le Net.
Le 07/08/2014 à 11h15 Jean-Baptiste Roch ( source: Telerama.fr )
« Apprendre le code, c'est voir le monde autrement », écrit l'essayiste américain, Douglas Rushkoff, féru d'idéologie cyberpunk et de liberté sur Internet, dans son essai intitulé Les Dix Commandements d’Internet : programmer, ou être programmé. Si l'on souscrit à cette vision, ou si l'on nourrit simplement une curiosité un brin motivée pour l'informatique, il existe aujourd'hui de nombreuses solutions pour se familiariser seul, en ligne, à la programmation et aux langages informatiques les plus usités. En complément de notre article sur l'apprentissage du code et les questions qui surgissent suite à l'annonce du ministre de l'Education Benoît Hamon, de l'instauration de l'enseignement du code à l'école primaire dès la rentrée, petit tour d'horizon des solutions en ligne.
Aux Etats-Unis
Si vous maîtrisez l'anglais, il est possible d'avoir accès à de nombreux sites américains qui permettent d'apprendre le code en ligne.
Les sites d'apprentissage
L'un des sites les plus connus et fréquentés, la Khan academy, propose ainsi gratuitement des milliers de cours de sciences en vidéo (mathématiques, physique, biologie…) mais aussi de « computer science », c'est-à-dire de « science informatique ». Bien que le terme cristallise en France beaucoup d'oppositions, même – et surtout – chez les partisans d'un enseignement du code aux enfants prônant de nouvelles méthodes pédagogiques, collaboratives et participatives, il est la norme aux Etats-Unis. Sur Khan Academy, mais aussiLynda.com ou via Udemy (en payant pour ce dernier), on apprend par des tutoriels vidéo offrant des clés de compréhension pour se lancer soi-même dans le JavaScript ou le Python notamment. D'autres sites, comme Code.org,Codeacademy ou Codeavengers ont opté pour une méthode différente, basée sur la résolution d'exercices à la difficulté croissante. Cette méthode, dite « évaluative », permet de s'aguerrir en pratiquant directement la programmation avec des exercices pour débutants. Dès lors que ces exercices se corsent, ils deviennent payants, puisque rédigés par des professionnels. Code.org renvoie aussi vers des applications sur tablettes comme LightBot ou des logiciels en ligne comme Scratch, dont la vocation est d'éveiller les enfants de plus de 4 ans aux logiques de programmation en créant des jeux vidéo.
Les cours en ligne : les Moocs
Les Moocs, pour Massive Online Open Courses, comme sur Udacity, ont un fonctionnement similaire : gratuits pendant une période d'essai, ils deviennent ensuite payants via des forfaits au mois. Même si leur accès est parfois limité dans le temps, les aspects pédagogiques y sont très travaillés, avec des séries d'objectifs clairement définis, des conseils sur les rythmes de travail… Pas vraiment de différence avec les sites d’apprentissage en ligne, finalement.
En France
Si le choix n'est pas aussi large qu'aux Etats-Unis, la France commence à disposer d'outils en ligne de qualité pour se familiariser à la programmation informatique.
Les sites d'apprentissage en ligne Le site n'est pour l'instant qu'en version bêta, mais le célèbre Khan Academy est déjà accessible en ligne en français – les cours en version anglaise sont traduits. Il est administré par une ONG, Bibliothèques Sans frontières, la fondation Orange et des bénévoles. Le site offre gratuitement tout un tas de cours de mathématiques et assez peu d'informatique pure pour le moment, mais le lancement officiel du site, prévu pour le 26 août, devrait y remédier. Plus aboutis et plus fournis, Openclassrooms et Codeacademy proposent nombre de cours en accès gratuit mêlant tutoriels vidéo et exercices d’évaluation tout en fixant des échéances dans le rythme de travail. HTML, CSS, JavaScript, C++, Ruby, Python sont disponibles à l'apprentissage avec l’idée, à chaque fois, de créer un jeu, une application, un logiciel. Sur Openclassrooms, les cours sont d'abord rédigés par les utilisateurs puis validés par le site.
Les serious games ou les jeux vidéos « sérieux » .
Une autre méthode d’apprentissage de la programmation consiste à le faire dans le cadre d’un jeu vidéo : coder, pour résoudre une énigme, obtenir des options supplémentaires, débloquer un niveau… C’est le cas de CodeCombat, un jeu français qui initie au JavaScript ou au Python en invitant le joueur à agir sur le code pour faire bouger des personnages, débloquer des situations ou jeter des sorts. Les jeux sont un média éducatif en plein essor : une entreprise française,Tralalère, a développé un jeu pédagogique intitulé Gleamcode, qui sera proposé aux associations, aux entreprises, voire même à l’Education nationale, pour apprendre le code aux enfants via un univers ludique. Intel est aussi sur le point de dévoiler un kit éducatif gratuit appelé Intel® Coding for Kids pour enseigner la programmation aux enfants dans différents pays du monde sans qu'ils aient besoin de connaissances au préalable. L’initiative répond au programme YouthMobile lancé par l’UNESCO.
Les logiciels en ligne
Ils sont rares, mais Scratch, créé par des experts en linguistiques du prestigieux MIT – et non des informaticiens – pour les enfants, et traduit en français, est ce qui se fait de mieux en la matière aujourd’hui. Il permet une première approche simplissime et ultra ergonomique du code via la manipulation de blocs assignant des actions à des personnages : avancer de 10 ou 20 pas, tourner à droite, rebondir sur le coté de l’écran etc… Ce qu’arrivent à faire certains bambins est absolument saisissant. Les adultes devraient aussi y jeter un œil, tant l’ergonomie est grisante et le résultat rapidement satisfaisant. Gratuit, en ligne, et Open Source, c’est-à-dire librement modifiable et consultable : difficile de faire mieux.
HISTOIRE CONTEMPORAINE DU MALI: DE MODIBO KEITA A NOS JOURS.
- Mahamadou SAMASSA
- août 09, 2014
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Modibo Keita, Son enfance et ses études.
Modibo Keïta, fils de Daba Keita et Hatouma Camara, est né le 4 juin 1915 à Bamako-Coura, un quartier de Bamako qui était alors la capitale du Soudan français. Sa famille malinké et musulmane pratiquante le met dans une école coranique ( comme ce fut le cas de beaucoup de nos cadres musulmans) jusqu'en Septembre 1924 où Il fréquentera une école française. Après 6 ans d'études Il obtient son CEP et entre à l'Ecole Primaire Supérieure du Soudan qui devient plutard, en 1931, l'Ecole Terrasson de Fougères et enfin Lycée Askia Mohamed en 1962. A t-il sauté les classes de 7, 8 et 9 années? pas du tout; à l'époque ces cycles n'existaient pas.
En 1933 Modibo Kéita est reçu major au concours Fédéral d’entrée à l’école Normale William Ponty de Gorée et y entre en 1934. A titre d'infos cette école recevait les élèves de la sous-region à savoir le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, le Soudan (actuel Mali), la Haute Volta (Burkina Faso), le Niger, la Côte d’Ivoire, le Dahomey (Bénin) et le Togo et où ils recevaient la formation d'instituteurs.Dans cette école Ses professeurs le signalèrent déjà comme un bon élément mais comme un agitateur anti-français, à surveiller.
1936 Modibo Kéita sort encore major de sa promotion avec le diplôme d’Instituteur etdevient instituteur. Il commence à enseigner en brousse à Sikasso, Tombouctou et à Bamako.
Vos contributions sont les bienvenues!!!
Sources: résumé à partir de Wikipédia, AfricaExpress, et autres.
A la prochaine!!!
Une question de patriotisme
- Daouda A.K. Traore
- août 17, 2017
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Escrocs et bras gros
- FEREBA CPD
- janvier 30, 2014
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Les amis sont au grin: Kany est avec son petit panier d’arachide, Alpha : fait le thé, et Aziz: pousse de légers sourires pendants qu’il consulte des messages sur son téléphone portable.
-Kany : Tu veux bien m’aider à faire un petit calcul…mentalement, vite fait ?
-Alpha : Vas-y.
-Kany : Je parlais à…
Aziz est toujours concentré sur son téléphone. Voyant Alpha, un peu chiffonné,
Kany tente sa chance quand même.-Kany : D’accord. Mamou Kanté me devait 10.000 francs pour mes encens. Et vendredi dernier, c’était le dernier délai ; à partir de là, chaque jour lui coûte un supplément de 50 francs.
-Alpha : C’est facile ça.
-Kany : Ce n’est pas fini. Bintou Coulibaly me doit 20.000, et pour les 20.000 le taux d’intérêt est de 100 francs, Djénéba Sinta, 40.000 – taux de 200 – Moïse, 5.000 francs – taux à 25 –.
Aziz se met à calculer sur son téléphone.
-Alpha : 1.500 francs de taux d’intérêt on te doit aujourd’hui. En supposant qu’ils te remboursent tous avec le principal, tu auras 76.500 francs. Mais s’ils trainent jusqu’à samedi, ce qui je suppose t’arrange car tu as un mariage dimanche, alors tu auras 3.000 francs d’intérêt. Ça fait un petit retour en taxi. Si tu te fais déposer, ça pourrait payer un petit « dibisogo ».
Aziz et Kany sont tous les deux estomaqués.
-Kany : Tu as une nouvelle potion ? (Alpha acquiesce avec un large sourire). Mais qu’est-ce que tu as avec ce fichu téléphone (elle arrache à Aziz son téléphone et lit le message). « Tu m manke bcp, G a-T 2 t voir mon chou…sexy ». Sexy ? C’est quoi ce…C’est ta secrétaire qui t’envoie ces messages cochons ? C’est comme ça qu’elle compte monter en grade ?
-Aziz : Un, ce n’est pas une secrétaire, c’est un « agent d’accueil ». Et deux, il n’y a rien de cochon…
-Kany : « Tè bra gro et fore me manke ». Bras gros et forts ? Tu as raison, ce n’est pas cochon. C’est juste…loin de la vérité !
Kany et Alpha éclatent de rire.
Un cycliste freine net devant eux.
Il enlève son casque : c’est Moïse.-Aziz : Moïse, le Tour de France, c’est en Juillet. Et les Jeux Olympiques, dans trois ans. Et le Tour du Mali, on attend toujours qu’on l’invente, celui-là.
-Moïse : Einstein, nous ne sommes pas tous comme toi. Certains prennent plaisir à prendre soin de leur santé, à exercer une activité physique pour entretenir leur système cardiovasculaire…
-Kany : Elle s’appelle comment ?
-Moïse : Quoi ? Vous ne croyez donc pas que… (Il voit qu’on a décelé l’imposture derrière son discours) … : Walett.
-Alpha : C’est pour cela que tu es partout à vélo. Tu es parti vers l’aéroport hier, n’est-ce pas ?
-Aziz : Et j’ai cru te voir avant-hier sur le pont.
-Kany : Et moi j’aimerai connaître le rapport avec cette Walett.
-Moïse : C’est une mordue de sport. Elle est passée à mon garage une fois pour que je la dépanne.
-Kany : Quoi ? A ce point ? Elle va chercher des hommes dans la rue ?
-Moïse : Non ! Un pneu de son vélo était crevé ! Je l’ai dépanné et depuis elle passe souvent pour un contrôle, pour discuter ou pour boire un peu d’eau (il s’arrête).
-Kany : Et ?
-Moïse : Elle m’a montré les joies du sport et j’ai réalisé que…
-Aziz : Il n’arrive pas à conclure, alors il fait recourt à l’ « Immersion ». Il entre dans son monde à elle, s’adapte à son environnement, s’ajuste à son mode de vie. C’est une technique de prédateur…
-Alpha : On le sait déjà, Aziz, tu es bon avec la théorie (« Tais-toi ! » en langage codé) !
-Kany : Vraiment, elle te résiste à ce point ?
-Moïse : Ouais. Si seulement, je parlais Tamachek pour pouvoir l’impressionner !
-Kany : Elle est Tamachek ?
-Moïse : Oui.
-Kany : Et elle adore rouler à vélo ?
-Moïse : Oui.
-Kany : Waouw, l’ordre de l’univers se bouleverse, on dirait. Lui (Alpha), il sait faire des maths. Certaines disent que lui (Aziz), il est « sexy ». Et apparemment les Tamachek font du vélo dans le désert !
-Aziz : Et il ne manque plus qu’une chose : que toi, tu trouves un mari !
à suivre ...
Publier dans Fereba 5 (mars 2010) par Fousseynou BAH.




