cérémonie des couleurs

Discours pour la cérémonie des couleurs du Mali 

 

Monsieur le directeur général de l’Ecole Polytechnique, Mesdames et messieurs les officiers et sous-officiers, mesdames et messieurs les cadres civils de l’école, chers camarades,

 

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de m’avoir offert cette tribune pour évoquer la fête nationale de mon pays. Mesdames et Messieurs, le Mali a célébré le 22 Septembre dernier le 53e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Cette tribune est donc pour moi l’occasion de rendre un vibrant hommage à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui, par leur dévouement et leur sens de l’intérêt collectif, ont ouvert la voie de l’indépendance au Mali en 1960. L’histoire de cette date est intimement liée à celle d’un homme, Feu Modibo Keïta premier président du Mali, celui que Jean Lacouture qualifiait de«statue vivante de l’Afrique ». En effet, Mesdames et Messieurs, à l’initiative de cet homme dévoué à la cause de l’unité africaine, une conférence dite des fédéralistes réunissant le soudan français(actuel Mali), le Sénégal, le Dahomey(actuel bénin) et la Haute Volta(actuel Burkina Faso) se tient à Bamako en 1958. Elle débouchera sur la naissance d’un état fédéral, appelé la fédération du Mali, regroupant les 4 nations le 17 janvier 1959 à Dakar. Mais le Dahomey et la Haute Volta ne tardent pas à se retirer de la fédération. Soudanais et Sénégalais réclament ensuite et obtiennent l’indépendance de la fédération du Mali. La proclamation solennelle est faite par Léopord Sédar Senghor le 20 juin 1960. Cependant deux mois, plus tard des conflits idéologiques auront le dessus sur cette première tentative d’intégration africaine et aboutiront à l’éclatement de la fédération du Mali le 20 Août 1960. A partir de ce moment, le Soudan Français est obligé de faire chemin tout seul et Modibo Keïta proclamera solennellement son indépendance le 22 septembre 1960 sous le nom de la république du Mali. Le 28 septembre 1960, le Mali est admis avec le soutien de son ancien colonisateur, la France, à l’Organisation des Nations Unies. Voilà Mesdames et Messieurs l’historique de cette date marquant la naissance de la république du Mali. Convaincu que le salut du continent noir passe nécessairement par l’unité, le jeune état continue son combat pour le panafricanisme et une preuve irréfutable de cette volonté est l’article 117 de la première constitution de la république du Mali, je cite « La République du Mali peut conclure avec tout état africain des accords d'association ou de communauté impliquant un abandon total ou partiel de souveraineté en vue de réaliser l’unité africaine. ». Le Mali est aujourd’hui membre de la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et de l’union africaine (UA).

Mesdames et Messieurs, une nouvelle page des relations franco-maliennes vient de s’ouvrir. En effet nous sommes le 11 janvier 2013 ; les trois régions du nord du pays sont contrôlées par des groupes armées et terroristes. Cette occupation se caractérise par une application stricte de la charia avec son corollaire de bras coupés, de femmes et jeunes flagellés en public, de destruction de sites touristiques dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’existence même du pays est menacée. C’est en ce moment que sur demande des autorités maliennes, la France, dans un élan de solidarité et de défense des droits de l’homme, lance l’opération « serval » permettant ainsi au Mali de recouvrer son intégrité territoriale et de revenir à une vie constitutionnelle normale par l’organisation d’élections libres et transparentes. J’aimerais naturellement rendre un hommage mérité à l’armée française et à tous ces officiers et sous-officiers français qui ont payé de leur vie, cette lutte pour les droits de l’homme et contre l’obscurantisme. Je m’incline ici devant la mémoire du Lieutenant Damien Boiteux, du sergent-chef Harold Vormezeele, du caporal Cédric Charenton, du brigadier-chef Wilfried Pingaud, du caporal Alexandre Van Dooren, du caporal-chef Stéphane Duval et du brigadier-chef Marc Martin-Vallet. Je souhaite aussi un prompt rétablissement au sous-officier grièvement blessé il y a à peine une semaine.

Je voudrais remercier la France pour cette marque de solidarité, dont la tribune qui m’est offerte aujourd’hui en est également une illustration. Elle confirme une fois de plus son statut de pays des droits de l’homme. Cet esprit de solidarité et de défense des droits de l’homme est un dénominateur commun des peuples du Mali et de la France ; en effet les maliens aussi accordent une importance capitale à ces deux concepts, en atteste la proclamation depuis le 13e siècle des chartes de Kouroukan Fouga inscrites depuis 2009 au patrimoine immatérielle de l’humanité et considérées comme l’une des plus anciennes références concernant les droits de l’homme. Je remercie aussi le Tchad et tous les pays africains dont les troupes constituent aujourd’hui la mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilité au Mali (MINUSMA).

Pour conclure, mesdames et messieurs je voudrais dire à chacun de vous un grand merci pour votre présence ici ce matin. Un homme du pays de la diatiguiya (hospitalité en bambara) ne peut rester indifférent à ce sens de l’hospitalité dont vous faites preuve.

Je vous remercie.

                                                                                             Palaiseau, le 22 Octobre 2013

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Où apprendre le code en ligne ?

Moocs, sites, serious game, logiciels… Apprendre le code en ligne est un jeu d'enfant. Ou presque. Pour ce quatrième volet bis de notre série d'été, passage en revue des cours et autres solutions qui fleurissent sur le Net.

Le 07/08/2014 à 11h15  Jean-Baptiste Roch ( source: Telerama.fr )

 « Apprendre le code, c'est voir le monde autrement », écrit l'essayiste américain, Douglas Rushkoff, féru d'idéologie cyberpunk et de liberté sur Internet, dans son essai intitulé Les Dix Commandements d’Internet : programmer, ou être programmé. Si l'on souscrit à cette vision, ou si l'on nourrit simplement une curiosité un brin motivée pour l'informatique, il existe aujourd'hui de nombreuses solutions pour se familiariser seul, en ligne, à la programmation et aux langages informatiques les plus usités. En complément de notre article sur l'apprentissage du code et les questions qui surgissent suite à l'annonce du ministre de l'Education Benoît Hamon, de l'instauration de l'enseignement du code à l'école primaire dès la rentrée, petit tour d'horizon des solutions en ligne.

Aux Etats-Unis

Si vous maîtrisez l'anglais, il est possible d'avoir accès à de nombreux sites américains qui permettent d'apprendre le code en ligne.

Les sites d'apprentissage

L'un des sites les plus connus et fréquentés, la Khan academy, propose ainsi gratuitement des milliers de cours de sciences en vidéo (mathématiques, physique, biologie…) mais aussi de « computer science », c'est-à-dire de « science informatique ». Bien que le terme cristallise en France beaucoup d'oppositions, même – et surtout – chez les partisans d'un enseignement du code aux enfants prônant de nouvelles méthodes pédagogiques, collaboratives et participatives, il est la norme aux Etats-Unis. Sur Khan Academy, mais aussiLynda.com ou via Udemy (en payant pour ce dernier), on apprend par des tutoriels vidéo offrant des clés de compréhension pour se lancer soi-même dans le JavaScript ou le Python notamment. D'autres sites, comme Code.org,Codeacademy ou Codeavengers ont opté pour une méthode différente, basée sur la résolution d'exercices à la difficulté croissante. Cette méthode, dite « évaluative », permet de s'aguerrir en pratiquant directement la programmation avec des exercices pour débutants. Dès lors que ces exercices se corsent, ils deviennent payants, puisque rédigés par des professionnels. Code.org renvoie aussi vers des applications sur tablettes comme LightBot ou des logiciels en ligne comme Scratch, dont la vocation est d'éveiller les enfants de plus de 4 ans aux logiques de programmation en créant des jeux vidéo.

Les cours en ligne : les Moocs

Les Moocs, pour Massive Online Open Courses, comme sur Udacity, ont un fonctionnement similaire : gratuits pendant une période d'essai, ils deviennent ensuite payants via des forfaits au mois. Même si leur accès est parfois limité dans le temps, les aspects pédagogiques y sont très travaillés, avec des séries d'objectifs clairement définis, des conseils sur les rythmes de travail… Pas vraiment de différence avec les sites d’apprentissage en ligne, finalement.

En France

Si le choix n'est pas aussi large qu'aux Etats-Unis, la France commence à disposer d'outils en ligne de qualité pour se familiariser à la programmation informatique.

Les sites d'apprentissage en ligne Le site n'est pour l'instant qu'en version bêta, mais le célèbre Khan Academy est déjà accessible en ligne en français – les cours en version anglaise sont traduits. Il est administré par une ONG, Bibliothèques Sans frontières, la fondation Orange et des bénévoles. Le site offre gratuitement tout un tas de cours de mathématiques et assez peu d'informatique pure pour le moment, mais le lancement officiel du site, prévu pour le 26 août, devrait y remédier. Plus aboutis et plus fournis, Openclassrooms et Codeacademy proposent nombre de cours en accès gratuit mêlant tutoriels vidéo et exercices d’évaluation tout en fixant des échéances dans le rythme de travail. HTML, CSS, JavaScript, C++, Ruby, Python sont disponibles à l'apprentissage avec l’idée, à chaque fois, de créer un jeu, une application, un logiciel. Sur Openclassrooms, les cours sont d'abord rédigés par les utilisateurs puis validés par le site. 

Les serious games ou les jeux vidéos « sérieux »  .

Une autre méthode d’apprentissage de la programmation consiste à le faire dans le cadre d’un jeu vidéo : coder, pour résoudre une énigme, obtenir des options supplémentaires, débloquer un niveau… C’est le cas de CodeCombat, un jeu français qui initie au JavaScript ou au Python en invitant le joueur à agir sur le code pour faire bouger des personnages, débloquer des situations ou jeter des sorts. Les jeux sont un média éducatif en plein essor : une entreprise française,Tralalère, a développé un jeu pédagogique intitulé Gleamcode, qui sera proposé aux associations, aux entreprises, voire même à l’Education nationale, pour apprendre le code aux enfants via un univers ludique. Intel est aussi sur le point de dévoiler un kit éducatif gratuit appelé Intel® Coding for Kids pour enseigner la programmation aux enfants dans différents pays du monde sans qu'ils aient besoin de connaissances au préalable. L’initiative répond au programme YouthMobile lancé par l’UNESCO.

Les logiciels en ligne

Ils sont rares, mais Scratch, créé par des experts en linguistiques du prestigieux MIT – et non des informaticiens – pour les enfants, et traduit en français, est ce qui se fait de mieux en la matière aujourd’hui. Il permet une première approche simplissime et ultra ergonomique du code via la manipulation de blocs assignant des actions à des personnages : avancer de 10 ou 20 pas, tourner à droite, rebondir sur le coté de l’écran etc… Ce qu’arrivent à faire certains bambins est absolument saisissant. Les adultes devraient aussi y jeter un œil, tant l’ergonomie est grisante et le résultat rapidement satisfaisant. Gratuit, en ligne, et Open Source, c’est-à-dire librement modifiable et consultable : difficile de faire mieux.

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De la proposition d'idées de révision des status de l'association

STATUS

Préambule (modifié) : Dernière version admise + Ajout : Volonté de contribuer au développement du Mali en tant que cercle de réflexion.

Chapitre 1 : Création

Articles 1 à 6 : Non modifiés

Chapitre 2 : Buts et Objectifs

Articles 7 à 8 : Non modifiés

Article 9 (modifié) : Dernière version admise + Ajout : Une place importante accordée à la réflexion et proposition de solutions sur tous les aspects de la gouvernance du Mali.

Chapitre 3 : Conditions d’adhésion et qualité de membre

Articles 10 à 13 : Non modifiés

Article 14 (modifié) : Dernière version admise + Ajout : Carte de membre désormais numérique

Article 15 : Non modifié

Chapitre 4 : Structure de l’Association

Articles 16 à 20 : Non modifiés

Article 21 (modifié): Le bureau de coordination est composé de cinq (5) membres élus par l’Assemblée Générale Constitutive pour un mandat de deux (2) ans non renouvelable. Il comprend :

1 Président

1 Vice-Président (ex Vice-Président Exécutif + ex Vice-Président Administratif)

1 VP Représentant de la Cellule Pour le Développement résidant au Mali

1 VP à la Trésorerie et aux finances

1 VP à la communication

Article 21bis (nouveau) : S’ajoutent aux membres élus du bureau de coordination, une équipe technique de sept (7) membres nommés par les cinq (5) de l’article 21 pour un mandat de six (6) mois renouvelable trois fois maximum. Durant leur mandat, ils font partie intégrante du bureau de coordination au même titre que les membres élus par l’Assemblée Générale Constitutive. L’équipe technique comprend :

2 VP à l’organisation

2 VP aux activités académiques et pédagogiques

1 VP aux Projets Professionnels et Projets de développement

1 VP aux affaires socioculturelles

1 VP auprès des commissions techniques de la Cellule Pour le Développement (nouveau poste)

Article 21Ter (nouveau) : Les cinq (5) membres élus de l'Article 21 doivent informer tous les membres de la Cellule Pour le Développement de la mise en place de l'équipe technique mentionnée à l'Article 21bis. Ils sont tenus d'étudier toutes les candidatures aux différents postes avant de produire une liste définitive.

Article 22 (modifié) : Le bureau de coordination se réunit, en séance ordinaire, les 1er et 2ème dimanches du mois. Il se réunit en séance extraordinaire à la demande du Président ou des deux tiers (2/3) des membres du bureau.

Articles 23 à 26 : Non modifiés

Chapitre 5 : Ressources

Articles 27 à 28 : Non modifiés

Chapitre 6 : Dispositions finales

Articles 29 à 32 : Non modifiés

%--Fin--%

23-10-2019

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Escrocs et bras gros (suite et Fin)

Le lendemain, sur le chemin du travail, Aziz se trouve coincé dans un embouteillage.
La cause : une belle voiture arrêtée sans apparente raison, enfin pour Aziz, car en réalité elle laissait passer une vieille mendiante avec deux enfants.

 

-Aziz : Mais c’est quoi ça ! Oh ! Il y a des gens qui ne valent pas la peine quoi ! Vous m’avez entendu, pas la peine !

-Une voix dans la circulation : La ferme !

-Aziz : Tu es où, petit con (il sort sa tête par sa vitre sans grande conviction en ses mots) ? Si je n’étais pas pressé, je te ferais ta fête. Mais pour qui est-ce que tu te prends ?

-La voix : Pour qui est-ce que tu te prends toi aussi ?

-Aziz : Moi, c’est Aziz Diallo, l’homme qui n’a peur de rien.

(À peine il finit ses mots qu’un « frou-frou » chaud vient lui tomber sur l’épaule qu’il étalait fièrement par la fenêtre.
Il sursaute, criant dans tous les sens avant de se reprendre et de monter sa vitre).

 

(Au grin, Alpha discute avec le nouvel ami qu’il s’est fait en dehors de son groupe : un témoin de Jéhovah.
Le thème du jour :
le pardon.)

 

-Témoin : « Et là, il réalisa le pouvoir libératoire du pardon », ( il prononce fervemment ces mots qui achèvent l’histoire qu’il lit dans son petit livre à Alpha).

-Alpha : Très belle histoire. C’est plus intéressant que l’histoire de Moïse qui marche sur l’eau d’une rivière.

-Témoin : Ça, c’est Jésus. Moïse a séparé l’eau d’un fleuve en deux.

-Alpha : Eau de rivière, eau de fleuve, eau de mer. C’est toujours de l’eau, (l’air très croyant).

-Témoin : Alpha, le pardon est salvateur pour l’âme humaine. Tu n’as jamais gardé de ressentiment au fond de toi contre quelqu’un ? Un être proche, un membre de la famille ou un ami ? C’est le moment de te libérer, de te délivrer du poids de la haine.

 

(Il acquiesce la tête comme un enfant qui cède à une requête.
Une histoire semble monter en lui).

 

-Alpha : Il y a quelqu’un. Un vieil homme, moustachu, au gros ventre avec sa ceinture … Le Commandant !

(Dégoût, haine et peur se retrouvent tous sur son visage, soudain).

-Témoin : Parle mon frère, libère-toi.

-Alpha : J’avais 12 ans à l’époque et comme tout gosse, j’adorais les mangues. Je partais alors sous les manguiers. Un jour le commandant m’a attrapé. Oh …, (il émet un soupir de douleur) ! Et il m’a fait ce que le lièvre fait souvent à l’hyène : il m’a humilié.

-Témoin : Il t’a forcé à manger les fruits de trois manguiers et t’a gardé au soleil puis il a appelé les enfants pour te voir entrain de faire ta petite affaire dans ta culotte ?

-Alpha : Comment est-ce que tu le sais, (il s’exclame, scandalisé) ?

-Témoin : Le boutiquier le racontait à l’instant aux enfants pour les effrayer des manguiers. Je ne savais que c’était toi. Je n’avais pas suivi le début de l’histoire. Une fille se débattait contre une fourmi ailée et enlevait son T-shirt.

(« Quel genre ce témoin de Jéhovah es-tu »).

-Témoin : Pardon, pardon, mon frère, pardon…, (il efface la mine vicieuse qui s’était installée sur son visage). La meilleure des choses à faire, c’est de pardonner, de réparer ce qui a été brisé.

-Alpha : Ma dignité et ma réputation ?

-Témoin : Non, enfin … ça aussi peut être. Mais je veux dire la relation que tu entretenais avec la personne.

-Alpha : La seule relation que j’avais avec le Commandant jusqu’à ce jour, c’était ses mangues. Oh, non. Il y avait aussi sa fille dans ma classe ; elle m’avait donné un surnom qui m’a suivi jusqu’au lycée, « mangoro boy ».

-Témoin : Tu dois partir voir ce Commandant, lui parler, lui accorder ton pardon, et me donner 1000 francs pour cette séance.

-Alpha : Quoi ?

-Témoin : Je plaisantais.

 

(Les deux ricanent ensemble. Plaisantait-il vraiment ?)

 

(Au bureau d’Aziz, c’est l’heure de la reine Kany.
Assise sur le bureau, à décortiquer ses arachides dont elle jette les coquilles partout, elle exaspère le maniaque Aziz qui les ramasse).

 

-Kany : Qu’est ce que je dois faire ?

-Aziz : Un d’abord, arrêter de salir mon bureau et deux, retourner à ton bureau pour faire semblant de travailler. Et trois, sortir avec ton patron n’est pas une bonne idée.

-Kany : Il veut seulement que je l’accompagne à la soirée des hommes affaires.



-Aziz : Il n’a pas de femme !

-Kany : Je ne sais pas. Peut être qu’elle n’est pas aussi jolie que moi…C’est juste un léger pot entre les businessmen de la capitale.

-Aziz : Oui. C’est comme ça que ça commence. Un pot puis une sieste dans une chambre d’hôtel puis une grossesse. C’est comme ça que mon patron a pris trois de ses quatre femmes. Quatre même quand on y ajoute la maîtresse qui a un bâtard de lui et une villa dans une cité résidentielle.

-Kany : Ton patron fait ça pour des filles et tu ne m’en as rien dit(elle rouspète en balançant sur Aziz sa poignée de coquilles d’arachide vides) !

-Aziz : Est-ce tu as pensé au jour où ça se terminera entre vous deux ? Il pourra te virer, sans parler de ta réputation qui sera salie. Tu as pensé à tes collègues ? Si tu fais ça, tu ne risques pas d’avoir des amis parmi eux.

-Kany : Ça, c’est vrai. J’ai déjà l’impression qu’ils ne m’aiment pas beaucoup. Et je ne sais pas pourquoi.

-Aziz : Moi non plus

(Ironiquement pendant qu’il ramasse les coquilles par terre).

-Kany : C’est quoi cette tâche sur ta chemise ?

-Aziz : Oh…

(Des applaudissements viennent de la salle d’accueil.
Les deux amis s’amènent au spectacle).

 

-Patron : Voici, Massiré. Il est là pour assister Koné & Co dans le dossier de Malibah S.A. Il nous vient de New York où il travaille dans un cabinet célèbre. Son affaire est prioritaire et requiert l’attention de tout le monde.

-Aziz : (il chuchute à Kany) Ça veut dire dans son langage à lui que s’il vous voit avec autre dossier que celui là, vous risquez d’être viré.

-Patron : Votre disponibilité sera appréciée.

-Aziz : Votre prime de fin d’année en dépend.

-Patron : Merci et je compte sur vous pour un travail d’équipe.

-Aziz : N’oubliez pas de faire le « koko » auprès de mon fils ; (d’un air grincheux mais d’une voix toujours basse) ça aussi ça compte.

(C’est alors que le patron commence à présenter les employés à Massiré.
Quand celui-ci se tourne vers Aziz, il le reconnaît tout de suite).

 

-Patron : Et lui, c’est…

-Aziz : Aziz … Diallo.

-Massiré : Aziz Diallo comme dans « Aziz Diallo, l’homme qui n’a peur de rien ».

-Aziz : Vous devez vous méprendre.

-Massiré : Non, c’était vous. Vous criez que vous êtes Aziz Diallo et que vous étiez un homme qui n’a peur de rien. C’était juste avant que la vieille qui passait ne vous jette un « frou-frou » à la figure.

-Kany : C’est ça qui a fait cette tâche ?

(Aziz s’efforce de faire signal à Kany avec un petite tape sur l’épaule mais celle-ci contenue à l’enfoncer).

-Massiré : Je suis ravi de vous revoir. Je suppose que vous allez tenir votre parole et me filer cette raclée promise. Que diriez-vous du vendredi après-midi ?

(Tous les regards se dirigent soudain vers Aziz. Un non n’aurait pas été humiliant si Fanta, la secrétaire du quatrième, sa copine, n’était pas du public. Un acquiescement s’exprime de sa tête après la vigoureuse poignée de main avec Massiré, douloureuse poignée qui n’était qu’un simple avant goût de ce qui pouvait l’attendre).

Dr. Fousseynou BAH
(Publier dans Fereba 5, mars 2010)

 

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