Escrocs et bras gros (suite et Fin)

Le lendemain, sur le chemin du travail, Aziz se trouve coincé dans un embouteillage.
La cause : une belle voiture arrêtée sans apparente raison, enfin pour Aziz, car en réalité elle laissait passer une vieille mendiante avec deux enfants.

 

-Aziz : Mais c’est quoi ça ! Oh ! Il y a des gens qui ne valent pas la peine quoi ! Vous m’avez entendu, pas la peine !

-Une voix dans la circulation : La ferme !

-Aziz : Tu es où, petit con (il sort sa tête par sa vitre sans grande conviction en ses mots) ? Si je n’étais pas pressé, je te ferais ta fête. Mais pour qui est-ce que tu te prends ?

-La voix : Pour qui est-ce que tu te prends toi aussi ?

-Aziz : Moi, c’est Aziz Diallo, l’homme qui n’a peur de rien.

(À peine il finit ses mots qu’un « frou-frou » chaud vient lui tomber sur l’épaule qu’il étalait fièrement par la fenêtre.
Il sursaute, criant dans tous les sens avant de se reprendre et de monter sa vitre).

 

(Au grin, Alpha discute avec le nouvel ami qu’il s’est fait en dehors de son groupe : un témoin de Jéhovah.
Le thème du jour :
le pardon.)

 

-Témoin : « Et là, il réalisa le pouvoir libératoire du pardon », ( il prononce fervemment ces mots qui achèvent l’histoire qu’il lit dans son petit livre à Alpha).

-Alpha : Très belle histoire. C’est plus intéressant que l’histoire de Moïse qui marche sur l’eau d’une rivière.

-Témoin : Ça, c’est Jésus. Moïse a séparé l’eau d’un fleuve en deux.

-Alpha : Eau de rivière, eau de fleuve, eau de mer. C’est toujours de l’eau, (l’air très croyant).

-Témoin : Alpha, le pardon est salvateur pour l’âme humaine. Tu n’as jamais gardé de ressentiment au fond de toi contre quelqu’un ? Un être proche, un membre de la famille ou un ami ? C’est le moment de te libérer, de te délivrer du poids de la haine.

 

(Il acquiesce la tête comme un enfant qui cède à une requête.
Une histoire semble monter en lui).

 

-Alpha : Il y a quelqu’un. Un vieil homme, moustachu, au gros ventre avec sa ceinture … Le Commandant !

(Dégoût, haine et peur se retrouvent tous sur son visage, soudain).

-Témoin : Parle mon frère, libère-toi.

-Alpha : J’avais 12 ans à l’époque et comme tout gosse, j’adorais les mangues. Je partais alors sous les manguiers. Un jour le commandant m’a attrapé. Oh …, (il émet un soupir de douleur) ! Et il m’a fait ce que le lièvre fait souvent à l’hyène : il m’a humilié.

-Témoin : Il t’a forcé à manger les fruits de trois manguiers et t’a gardé au soleil puis il a appelé les enfants pour te voir entrain de faire ta petite affaire dans ta culotte ?

-Alpha : Comment est-ce que tu le sais, (il s’exclame, scandalisé) ?

-Témoin : Le boutiquier le racontait à l’instant aux enfants pour les effrayer des manguiers. Je ne savais que c’était toi. Je n’avais pas suivi le début de l’histoire. Une fille se débattait contre une fourmi ailée et enlevait son T-shirt.

(« Quel genre ce témoin de Jéhovah es-tu »).

-Témoin : Pardon, pardon, mon frère, pardon…, (il efface la mine vicieuse qui s’était installée sur son visage). La meilleure des choses à faire, c’est de pardonner, de réparer ce qui a été brisé.

-Alpha : Ma dignité et ma réputation ?

-Témoin : Non, enfin … ça aussi peut être. Mais je veux dire la relation que tu entretenais avec la personne.

-Alpha : La seule relation que j’avais avec le Commandant jusqu’à ce jour, c’était ses mangues. Oh, non. Il y avait aussi sa fille dans ma classe ; elle m’avait donné un surnom qui m’a suivi jusqu’au lycée, « mangoro boy ».

-Témoin : Tu dois partir voir ce Commandant, lui parler, lui accorder ton pardon, et me donner 1000 francs pour cette séance.

-Alpha : Quoi ?

-Témoin : Je plaisantais.

 

(Les deux ricanent ensemble. Plaisantait-il vraiment ?)

 

(Au bureau d’Aziz, c’est l’heure de la reine Kany.
Assise sur le bureau, à décortiquer ses arachides dont elle jette les coquilles partout, elle exaspère le maniaque Aziz qui les ramasse).

 

-Kany : Qu’est ce que je dois faire ?

-Aziz : Un d’abord, arrêter de salir mon bureau et deux, retourner à ton bureau pour faire semblant de travailler. Et trois, sortir avec ton patron n’est pas une bonne idée.

-Kany : Il veut seulement que je l’accompagne à la soirée des hommes affaires.



-Aziz : Il n’a pas de femme !

-Kany : Je ne sais pas. Peut être qu’elle n’est pas aussi jolie que moi…C’est juste un léger pot entre les businessmen de la capitale.

-Aziz : Oui. C’est comme ça que ça commence. Un pot puis une sieste dans une chambre d’hôtel puis une grossesse. C’est comme ça que mon patron a pris trois de ses quatre femmes. Quatre même quand on y ajoute la maîtresse qui a un bâtard de lui et une villa dans une cité résidentielle.

-Kany : Ton patron fait ça pour des filles et tu ne m’en as rien dit(elle rouspète en balançant sur Aziz sa poignée de coquilles d’arachide vides) !

-Aziz : Est-ce tu as pensé au jour où ça se terminera entre vous deux ? Il pourra te virer, sans parler de ta réputation qui sera salie. Tu as pensé à tes collègues ? Si tu fais ça, tu ne risques pas d’avoir des amis parmi eux.

-Kany : Ça, c’est vrai. J’ai déjà l’impression qu’ils ne m’aiment pas beaucoup. Et je ne sais pas pourquoi.

-Aziz : Moi non plus

(Ironiquement pendant qu’il ramasse les coquilles par terre).

-Kany : C’est quoi cette tâche sur ta chemise ?

-Aziz : Oh…

(Des applaudissements viennent de la salle d’accueil.
Les deux amis s’amènent au spectacle).

 

-Patron : Voici, Massiré. Il est là pour assister Koné & Co dans le dossier de Malibah S.A. Il nous vient de New York où il travaille dans un cabinet célèbre. Son affaire est prioritaire et requiert l’attention de tout le monde.

-Aziz : (il chuchute à Kany) Ça veut dire dans son langage à lui que s’il vous voit avec autre dossier que celui là, vous risquez d’être viré.

-Patron : Votre disponibilité sera appréciée.

-Aziz : Votre prime de fin d’année en dépend.

-Patron : Merci et je compte sur vous pour un travail d’équipe.

-Aziz : N’oubliez pas de faire le « koko » auprès de mon fils ; (d’un air grincheux mais d’une voix toujours basse) ça aussi ça compte.

(C’est alors que le patron commence à présenter les employés à Massiré.
Quand celui-ci se tourne vers Aziz, il le reconnaît tout de suite).

 

-Patron : Et lui, c’est…

-Aziz : Aziz … Diallo.

-Massiré : Aziz Diallo comme dans « Aziz Diallo, l’homme qui n’a peur de rien ».

-Aziz : Vous devez vous méprendre.

-Massiré : Non, c’était vous. Vous criez que vous êtes Aziz Diallo et que vous étiez un homme qui n’a peur de rien. C’était juste avant que la vieille qui passait ne vous jette un « frou-frou » à la figure.

-Kany : C’est ça qui a fait cette tâche ?

(Aziz s’efforce de faire signal à Kany avec un petite tape sur l’épaule mais celle-ci contenue à l’enfoncer).

-Massiré : Je suis ravi de vous revoir. Je suppose que vous allez tenir votre parole et me filer cette raclée promise. Que diriez-vous du vendredi après-midi ?

(Tous les regards se dirigent soudain vers Aziz. Un non n’aurait pas été humiliant si Fanta, la secrétaire du quatrième, sa copine, n’était pas du public. Un acquiescement s’exprime de sa tête après la vigoureuse poignée de main avec Massiré, douloureuse poignée qui n’était qu’un simple avant goût de ce qui pouvait l’attendre).

Dr. Fousseynou BAH
(Publier dans Fereba 5, mars 2010)

 

? À découvrir :   « Ah les docteurs ... ces salauds ! »? [ Une petite histoire drôle, amusante, captivante ? qui reflète quelques aspects de la société Malienne. On n’en dit pas plus :-) ]

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Dans les secrets de la téléphonie mobile


Comment un téléphone portable téléphone-t-il ? par universcience-lemonde

 

Votre téléphone portable sonne ou vibre. Vous décrochez et pouvez discuter avec votre interlocuteur. C'est magique… Pourtant, qui sait comment fonctionne le système, comment sont installées les antennes-relais, comment les téléphones signalent leur présence, etc. ? Petite plongée dans les secrets de la téléphonie mobile grâce à cette vidéo didactique d'Universcience.tv.

(Production : Universcience.tv, Unisciel, université Lille-1.)

Le Monde.fr

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[Interview :D ] de Mamadou Moussa Keita, vice-président de la CPD

Suite au report du Minicode 2016 et surtout du renouvellement du bureau de la CPD, nous avons posé quelques questions au vice-président de la CPD Mamadou Moussa Keita.
(Cheick Kanté finalement tu assistais bien à une interview :D)
 
Cette décision de l'actuel bureau est soutenue par le fait que la mise en place d'un nouveau bureau et sa reconnaisance prendront beaucoup de temps.
 
Bon koumayé Nidola yé, allons-y maintenant
---
iComporter: Nous avons suivi vos dernières interventions.
Mais est-ce que vous ne pourriez pas mettre en place le nouveau bureau tout en maintenant certains aspects de l'actuel (détenteur du compte, représentant légal de l'association) ? Juste le temps que le nouveau soit reconnu. Genre l'ancien bureau assistera le nouveau, ce sera une sorte de transition.
Nous aimons bien l'ambiance des campagnes.
Du coup ce sera cool s'il y a des élections en juin.
 
Mamadou Moussa Keita: Vous aurez toujours cette ambiance, nous allons lancer les campagnes prochainement. Mais on craint que si on élit tout de suite un bureau, l'actuel bureau pourra se soustraire, se déresponsabiliser des activités même s'il pourra de temps en temps assister ou répondre à certaines questions du nouveau bureau. Ce faisant, le nouveau bureau pourra avoir des problèmes pour organiser le Minicode
 
iComporter: Mais alors doit-on comprendre que si vous, vous n'êtes pas dans le bureau, vous n'allez pas vous impliquer sérieusement pour la réussite des activités ?
 
Mamadou Moussa Keita: Si on s'implique comme beaucoup le font actuellement d'ailleurs mais consciencieusement on ne se sent pas obligés comme ceux qui se sentent dans le bureau. Et la quantité d'effort va changer et c'est d'ailleurs parce qu'on n'a pas le temps ou l'envie qu'on décide de ne pas faire partie d'un bureau et dans ce cas comment tu vas attendre de ces gens de fournir autant d'efforts que ceux qui se trouvent dans le bureau. Je parle de généralité à nuancer donc.
 
iComporter: Ok je vois un peu le genre ...
J'en profite pour te lancer une autre question :D
Qu'avez-vous fait pour motiver plus de gens autour de CPD ? Pour qu'ils s'impliquent d'avantage, qu'ils soient ou non dans le bureau.
 
Mamadou Moussa Keita: Dendrite au niveau local, organisation des activités au niveau local et global pour assurer et renforcer la cohésion entre membres,... Beaucoup de choses ont été faites mais on ne peut pas non plus courir derrière les gens pour qu'ils s'intéressent à la CPD. Après il faut comprendre que le silence de certains ne veut pas dire qu'ils ne sont pas intéressés, on peut prendre que les uns et autres soient très occupés ou fatigués... et oui fatigués car la CPD n'est pas née aujourd'hui beaucoup de choses ont été faites même si on peut encore faire mieux. Now, il faut que les nouveaux s'impliquent encore plus en redorant l'image de la CPD et la cohésion entre membres au niveau local, chose qui semble manquer à ces derniers temps.
 
iComporter: D'accord, Merci pour ces réponses :-)

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Où apprendre le code en ligne ?

Moocs, sites, serious game, logiciels… Apprendre le code en ligne est un jeu d'enfant. Ou presque. Pour ce quatrième volet bis de notre série d'été, passage en revue des cours et autres solutions qui fleurissent sur le Net.

Le 07/08/2014 à 11h15  Jean-Baptiste Roch ( source: Telerama.fr )

 « Apprendre le code, c'est voir le monde autrement », écrit l'essayiste américain, Douglas Rushkoff, féru d'idéologie cyberpunk et de liberté sur Internet, dans son essai intitulé Les Dix Commandements d’Internet : programmer, ou être programmé. Si l'on souscrit à cette vision, ou si l'on nourrit simplement une curiosité un brin motivée pour l'informatique, il existe aujourd'hui de nombreuses solutions pour se familiariser seul, en ligne, à la programmation et aux langages informatiques les plus usités. En complément de notre article sur l'apprentissage du code et les questions qui surgissent suite à l'annonce du ministre de l'Education Benoît Hamon, de l'instauration de l'enseignement du code à l'école primaire dès la rentrée, petit tour d'horizon des solutions en ligne.

Aux Etats-Unis

Si vous maîtrisez l'anglais, il est possible d'avoir accès à de nombreux sites américains qui permettent d'apprendre le code en ligne.

Les sites d'apprentissage

L'un des sites les plus connus et fréquentés, la Khan academy, propose ainsi gratuitement des milliers de cours de sciences en vidéo (mathématiques, physique, biologie…) mais aussi de « computer science », c'est-à-dire de « science informatique ». Bien que le terme cristallise en France beaucoup d'oppositions, même – et surtout – chez les partisans d'un enseignement du code aux enfants prônant de nouvelles méthodes pédagogiques, collaboratives et participatives, il est la norme aux Etats-Unis. Sur Khan Academy, mais aussiLynda.com ou via Udemy (en payant pour ce dernier), on apprend par des tutoriels vidéo offrant des clés de compréhension pour se lancer soi-même dans le JavaScript ou le Python notamment. D'autres sites, comme Code.org,Codeacademy ou Codeavengers ont opté pour une méthode différente, basée sur la résolution d'exercices à la difficulté croissante. Cette méthode, dite « évaluative », permet de s'aguerrir en pratiquant directement la programmation avec des exercices pour débutants. Dès lors que ces exercices se corsent, ils deviennent payants, puisque rédigés par des professionnels. Code.org renvoie aussi vers des applications sur tablettes comme LightBot ou des logiciels en ligne comme Scratch, dont la vocation est d'éveiller les enfants de plus de 4 ans aux logiques de programmation en créant des jeux vidéo.

Les cours en ligne : les Moocs

Les Moocs, pour Massive Online Open Courses, comme sur Udacity, ont un fonctionnement similaire : gratuits pendant une période d'essai, ils deviennent ensuite payants via des forfaits au mois. Même si leur accès est parfois limité dans le temps, les aspects pédagogiques y sont très travaillés, avec des séries d'objectifs clairement définis, des conseils sur les rythmes de travail… Pas vraiment de différence avec les sites d’apprentissage en ligne, finalement.

En France

Si le choix n'est pas aussi large qu'aux Etats-Unis, la France commence à disposer d'outils en ligne de qualité pour se familiariser à la programmation informatique.

Les sites d'apprentissage en ligne Le site n'est pour l'instant qu'en version bêta, mais le célèbre Khan Academy est déjà accessible en ligne en français – les cours en version anglaise sont traduits. Il est administré par une ONG, Bibliothèques Sans frontières, la fondation Orange et des bénévoles. Le site offre gratuitement tout un tas de cours de mathématiques et assez peu d'informatique pure pour le moment, mais le lancement officiel du site, prévu pour le 26 août, devrait y remédier. Plus aboutis et plus fournis, Openclassrooms et Codeacademy proposent nombre de cours en accès gratuit mêlant tutoriels vidéo et exercices d’évaluation tout en fixant des échéances dans le rythme de travail. HTML, CSS, JavaScript, C++, Ruby, Python sont disponibles à l'apprentissage avec l’idée, à chaque fois, de créer un jeu, une application, un logiciel. Sur Openclassrooms, les cours sont d'abord rédigés par les utilisateurs puis validés par le site. 

Les serious games ou les jeux vidéos « sérieux »  .

Une autre méthode d’apprentissage de la programmation consiste à le faire dans le cadre d’un jeu vidéo : coder, pour résoudre une énigme, obtenir des options supplémentaires, débloquer un niveau… C’est le cas de CodeCombat, un jeu français qui initie au JavaScript ou au Python en invitant le joueur à agir sur le code pour faire bouger des personnages, débloquer des situations ou jeter des sorts. Les jeux sont un média éducatif en plein essor : une entreprise française,Tralalère, a développé un jeu pédagogique intitulé Gleamcode, qui sera proposé aux associations, aux entreprises, voire même à l’Education nationale, pour apprendre le code aux enfants via un univers ludique. Intel est aussi sur le point de dévoiler un kit éducatif gratuit appelé Intel® Coding for Kids pour enseigner la programmation aux enfants dans différents pays du monde sans qu'ils aient besoin de connaissances au préalable. L’initiative répond au programme YouthMobile lancé par l’UNESCO.

Les logiciels en ligne

Ils sont rares, mais Scratch, créé par des experts en linguistiques du prestigieux MIT – et non des informaticiens – pour les enfants, et traduit en français, est ce qui se fait de mieux en la matière aujourd’hui. Il permet une première approche simplissime et ultra ergonomique du code via la manipulation de blocs assignant des actions à des personnages : avancer de 10 ou 20 pas, tourner à droite, rebondir sur le coté de l’écran etc… Ce qu’arrivent à faire certains bambins est absolument saisissant. Les adultes devraient aussi y jeter un œil, tant l’ergonomie est grisante et le résultat rapidement satisfaisant. Gratuit, en ligne, et Open Source, c’est-à-dire librement modifiable et consultable : difficile de faire mieux.

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